Bénédictions hivernales

Ce matin, la toute première neige est tombée par ici, recouvrant et transformant les Monts alentours pour mon plus grand plaisir ! Novembre se termine aujourd’hui avec l’arrivée d’une note de féerie hivernale très agréable ♥

A cette période, j’ai rarement le temps de traîner malheureusement, l’Atelier est en plein boum et les lutins de Yule ont encore oublié de m’y rejoindre pour me filer un coup de main à l’empaquetage (ceci dit, ce n’est peut-être pas plus mal étant donné leur réputation de farceurs, qui sait ce que vous pourriez trouver dans vos commandes !). Mais à défaut de pouvoir aller flâner dehors, je ne peux m’empêcher de relever la tête régulièrement pour contempler la danse des flocons depuis ma fenêtre, minuscules éclats scintillants tournoyant au gré des courants en un silence duveteux et apaisant.

Forcément, cette douce ambiance se ressent dans mes travaux du moment et, ce matin, de minuscules flocons sont venus se poser sur des créations qui trouveront place au pied des sapins d’ici quelques semaines. Je ne peux évidemment pas vous les dévoiler tant que le moment de la découverte ne sera pas passé, mais j’avais envie de partager en quelques mots un tout petit morceau de l’atmosphère qui a envahi l’Atelier lorsque la neige a entamé sa gracieuse chorégraphie, là dehors.

Décembre n’est plus qu’à quelques heures et, comme beaucoup d’entre vous j’imagine, j’ai la tête dans les emballages et les cadeaux, autant côté boutique que pour faire plaisir à mes proches. Mais côté boutique justement, une petite idée à germé alors que j’observais la neige en sirotant une boisson chaude – une infusion pomme, fruits rouges et biscuit hyper gourmande que j’a-do-re 😍

Une envie de vous faire un cadeau à vous aussi, en ajoutant une jolie bénédiction d’hiver dans vos paquets ce mois-ci, que pourrez accrocher ensuite dans votre sapin si vous le souhaitez ou offrir à quelqu’un que vous aimez. Ainsi donc, à partir du 1er Décembre et jusqu’aux dernières expéditions avant Noël (❄), chacune des commandes passées dans la boutique en ligne recevra en supplément l’une des décorations en bois que vous pouvez apercevoir juste en-dessous.

Aucun minimum de commande pour obtenir votre déco hivernale, c’est mon petit cadeau pour vous. Une façon de vous témoigner ma gratitude pour cette année de plus passée en votre compagnie 🙂
 

Bénédictions hivernales - Un cadeau dans chaque commande passée en boutique
 
(❄) Marquez vos calendriers ! Les dernières expéditions des commandes auront lieu les Mardi 19 et Jeudi 21 Décembre au matin. Notez que si vous faites partie de ces derniers envois, je ne peux pas vous garantir que vos paquets arriveront à temps pour le jour J. Je fais mon possible pour, mais tout dépend ensuite du bon fonctionnement des services postaux. Ne tardez donc pas trop si vous souhaitez mettre une création Lune de Sève sous le sapin !
 

[ WiP ] L’Esprit du Cerf

Si vous suivez la page Facebook de l’Atelier, vous avez pu y découvrir à l’occasion de la fin du challenge #pyroctober, l’une de mes dernières grosses réalisations, un de ces projets un peu fous dans lesquels je m’embarque de temps à autre sans trop savoir où je mets les pieds…

 
Esprit du Cerf - Pyrogravure artisanale
 
Ça commence généralement avec une toute petite idée, une simple envie de changer de support, d’essayer quelque-chose de nouveau pour voir ce que je suis capable d’y faire naître. Ça continue avec quelques traits de crayon gribouillés dans un coin, et lorsque je relève la tête, c’est là que je me rends compte de la véritable ampleur du truc : déjà trois heures de passées dessus et je n’ai même pas encore allumé mon pyrograveur.

Ceci dit, l’avantage de passer ainsi de nombreuses heures sur une seule création, c’est que j’ai une multitude d’occasions pour prendre des photos. Pour me souvenir de la première esquisse et de l’atmosphère qu’elle dégageait, pour avoir une trace de cette nouvelle technique que j’ai essayé et de l’erreur à ne pas reproduire la prochaine fois, pour revoir la progression du projet dans son ensemble et retrouver ce tout petit détail qui a complètement changé la donne une fois ajouté.

Et puis ça me permet aussi de vous montrer un peu ce qu’il y a derrière le « produit fini », chose que je devrais certainement faire plus souvent (à quand remonte mon dernier WiP déjà ? ahem).

 
Esprit du Cerf - Pyrogravure artisanale (esquisse)
 
Voici l’esquisse justement, accompagnée de la plaque de bouleau qui m’a servi de support pour cette illustration. Ce n’est pas tout à fait la première, j’ai fait quelques croquis au préalable pour avoir l’idée générale, et poser sur papier ce que j’avais en tête, mais croyez-moi, ils sont illisibles et ne valent pas tellement le coup d’être vus.

Comme vous pouvez le constater, celui-ci est réalisé sur papier calque directement, ce qui me permet d’adapter mon dessin au support, en notant où se situent les tâches, noeuds et autres veines irrégulières que présente parfois le bois et avec lesquelles il me faudra composer (pour mon plus grand plaisir !).

La différence de teinte visible sur l’image, c’est parce que je m’y prends en deux fois (au minimum) pour réaliser ce qui me servira de base pour la gravure ensuite. Côté pile, je dessine assez grossièrement l’ensemble ; côté face je vais un peu plus dans le détail tout en redessinant le motif à l’envers, ce qui me permet de voir immédiatement si mon illustration ne tient pas debout (je n’invente rien, c’est une technique que beaucoup de dessinateurs utilisent).

Regardez donc les feuillages au premier plan et vous verrez tout de suite la différence entre les deux côtés.

 
Esprit du Cerf - Pyrogravure artisanale (esquisse)
 
Une fois satisfaite du résultat, il est temps de reporter mon illustration sur la tranche de bois. Et là, clairement, le fait de l’avoir dessinée sur du calque me fait gagner un temps fou. Je n’ai pas évoqué la préparation de la tranche de bois d’ailleurs, mais elle est tout aussi importante que le reste. Pour que le transfert soit le plus fidèle possible, mais aussi pour que toutes les étapes qui suivent se passent au mieux : de la pyrogravure à la teinte, en passant par la dorure, si le bois n’est pas impeccablement lisse, le résultat sera moche, invariablement.

Quelques heures auparavant, je ponçais donc amoureusement à la main cette jolie plaque de bouleau, réduisant peu à peu le grain jusqu’à ce que sa peau soit aussi douce que la mienne ! 😎

L’étape qui vient ensuite est celle qui demande le plus de dextérité, de délicatesse… Oh, et une bonne lumière naturelle aussi, ce qui commence cruellement à me manquer avec les jours qui raccourcissent de plus en plus (et le changement d’heure qui n’aide vraiment pas). L’étape suivante, donc, est celle de la dorure, que je réalise à chaud, toujours, avec ma petite recette personnelle. La lumière naturelle, c’est tout simplement parce que la feuille d’or est plus difficile à travailler lorsque des lampes viennent s’y refléter de tous les côtés.

Pour cette illustration, j’ai choisi de n’utiliser l’or que sur le contour, pas sur le cœur de l’illustration. Le cadre qui sépare les deux parties est donc entièrement et patiemment recouvert, et de petites touches sont ajoutées plus ou moins régulièrement dans le feuillage tout autour. J’aimais déjà le mélange feuille d’or et aquarelle, mais j’avoue que j’ai vraiment un énorme faible pour l’harmonie avec laquelle la feuille d’or s’intègre au milieu des teintes du brou de noix, et vient relever tout ça d’une brillance discrète une fois le travail achevé.

 
Esprit du Cerf - Pyrogravure artisanale (dorure)
 
Vient ensuite la mise en teinte, entièrement réalisée au brou de noix, que je dilue plus ou moins en fonction du résultat que je souhaite obtenir. J’ai toute une armée de petits pots prêts à en découdre sur ma table de travail, chacun arborant un adorable petit nom, tel que « 33 » ou « 75 », qui correspond en réalité à son pourcentage de dilution 😛

En dehors de son aspect naturel, ce que je trouve intéressant avec le brou de noix, c’est son côté « surpriiiiise ! » qui m’émerveille à chaque fois. Je m’explique : tout juste apposé sur le bois, la teinte la plus claire aura presque exactement le même aspect que celle trois fois plus sombre. La différence ne se révèle qu’une fois la zone bien sèche. Autant vous dire que pour réaliser un dégradé, c’est compliqué.

C’est une difficulté à laquelle il a bien fallu que je m’adapte au départ, mais que j’ai appris à apprécier au fil des essais et des découvertes. Il y a vraiment quelque-chose de magique lorsque le résultat apparaît. Parfois, c’est précisément ce que j’espérais, et parfois, la pièce de bois juste en-dessous a décidé que non, il en serait autrement, et je me soumets la plupart du temps à sa volonté.

C’est un peu la même chose avec les nœuds et les petites irrégularités que j’évoquais au début de cet article. Le bois est un matériau vivant, et puisque j’ai décidé de travailler avec, il est bien normal qu’il ait voix au chapitre.

 
Esprit du Cerf - Pyrogravure artisanale (teinte au brou de noix)
 
Pendant que les arbres, là derrière, prennent leur temps pour sécher et révèlent peu à peu leurs nuances, je commence de mon côté à ajouter quelques petits détails à l’acrylique blanche. Comme pour la feuille d’or, j’aime beaucoup la façon qu’a cette couleur de rehausser l’ensemble, tant qu’on sait rester raisonnable avec. Uniquement sur les fougères pour commencer, puis je m’attèle à la mise en valeur de l’attrape-rêve une fois que mon fond est prêt.

Je retravaille la dilution de ma teinte pour lui créér une sorte de halo de lumière tout autour (je ne l’avais absolument pas prévu ainsi au départ, mais il est presque apparu de lui-même au séchage, alors je l’ai pris en compte), je blanchis les plumes duveteuses pour les rendre plus éclatantes, et je dépose ça et là quelques feux follets enchanteurs, petits points de lumière dansant en silence dans la pénombre de la forêt…

 
Esprit du Cerf - Pyrogravure artisanale (détails)
 
Le temps de peindre les derniers feuillages sur le contour et de vernir la feuille d’or pour la protéger des frottements, et nous voilà (déjà) arrivés à la fin de ce « work in progress » !

Je me rends compte que ça a l’air court résumé ainsi en quelques lignes, mais pour vous donner une petite idée, depuis le tout premier croquis jusqu’au dernier coup de pinceau, j’ai passé plus d’une dizaine d’heures le dos courbé sur ce morceau de bouleau. De quoi créér un sacré lien entre lui et moi, n’est-ce pas ? 😍
 

Pyroctober challenge !

Hey, vous connaissez le challenge Inktober ? Non ? Le principe est simple : un dessin par jour pendant tout le mois d’octobre, sans aucune restriction si ce n’est celle du medium utilisé, à savoir l’encre.

Chaque année, de nombreux et nombreuses artistes se réunissent ainsi autour du hashtag #inktober et c’est toujours l’occasion pour moi de découvrir de nouveaux talents à suivre le reste de l’année. 2017 ne fera pas défaut : j’ai déjà hâte que le challenge commence pour parcourir avidement les réseaux sociaux à la recherche de nouvelles illustrations qui viendront ensoleiller mes journées (oui, parce qu’avec la lumière qui diminue désormais à vue d’œil, il faut bien ça)

Petit coup de pub rapide pour trois artistes parmi celles et ceux que j’attends le plus cette année : Sieskja, Mademoiselle Ortie et Movezerb, que vous pourrez suivre en cliquant directement sur les liens (go, go, go, les illustrations de l’Inktober 2016 vous attendent sur leurs pages respectives !)

Pour ce qui est de mon cas, je n’ai encore jamais participé au challenge. Ce n’est pas faute d’en avoir très envie, mais que voulez-vous, l’encre, ce n’est pas vraiment ma tasse de café. Ceci étant dit, l’autre jour, j’ai eu un éclair de génie au saut du lit, j’ai trouvé la solution parfaite que je ne cherchais même pas. Pas envie de barbouiller le bureau d’encre de Chine ? Pas de souci, je vais faire ce que je fais de mieux : prendre mes morceaux de bois, faire chauffer mon outil-favori-compagnon-de-toujours, et me lancer dans un challenge rebaptisé spécialement pour l’occasion…

 
Pyroctober - Le Challenge
 
Bienvenue au « Pyroctober » ! 😀

Le concept sera tout aussi simple que l’original : une pyrogravure par jour, que je vous présenterai sous la forme d’un talisman nature en bois. J’ai déjà de nombreuses idées d’illustration pour remplir ce mois d’octobre de pleiiiin de petits trésors sylvestres en tout genre, mais je me réserve surtout le plaisir de l’improvisation au jour le jour, en fonction de ce qui m’inspirera au moment présent. L’Automne est toujours tellement riche de ce côté-là que ce serait idiot de s’en priver, n’est-ce pas ?

L’ensemble des talismans seront ajoutés à la boutique au fur et à mesure, histoire de les rendre disponibles à l’adoption en cas de coup de cœur, et un album spécial sera créé sur la page Facebook, regroupant les 31 pyrogravures réalisées durant le mois. Vous pourrez retrouver chaque jour une nouvelle photo sur cette plateforme ainsi que sur Instagram, en suivant le tag #pyroctober, tout simplement.

J’ai quelques idées de surprises qui viendront s’ajouter à tout ça en cours de route, mais je ne vous en dis pas plus pour le moment. Ayant commencé à préparer tout ça très tardivement par rapport à la date de début, je n’ai pas encore mis en place la moitié des choses auxquelles j’ai pu penser. C’est un peu fouillis, mais peu importe, la spontanéité sera le mot d’ordre !

Quoi qu’il en soit, j’espère que vous serez aussi enthousiasmés que moi par ce petit challenge (qui n’est pas si petit que ça en fin de compte), et que vous aurez plaisir à le suivre à mes côtés et à m’encourager pour aller jusqu’au bout 🙂

Rendez-vous dimanche prochain pour le top départ !
 

Petit Lenormand : premières pièces

Il y a quelques temps, je vous ai donné un tout petit aperçu de ce à quoi ressemblent les premières pièces de mon futur Lenormand ; aujourd’hui, c’est un peu plus en détail que je souhaite vous en dévoiler quelques-unes.

J’ai commencé ce Petit Lenormand avec une idée très claire de ce à quoi je voulais qu’il ressemble, de la ligne directrice si vous voulez, celle qui devait guider et canaliser mon inspiration tout au long de la création pour tâcher de garder une cohérence entre toutes les pièces à réaliser.

Quel en est le thème principal ? La forêt, évidemment. Ce qui nécessite davantage de réflexion pour plusieurs symboles parmi ceux qui forment ce système de divination (il n’y a pas beaucoup de bateaux en forêt, n’est-ce pas ?), mais qui me permet également de m’exprimer beaucoup plus librement sur d’autres.

Comme vous le savez maintenant, je suis en train de créer ce jeu sur des tranches de bois, mon matériau et support favori. Etant lui-même issu des sous-bois, lui donner une ambiance sylvestre était une évidence, tout simplement. Je souhaite pouvoir l’emporter avec moi, qu’il m’accompagne le temps d’un tirage sous les grands arbres, lancé sur un tapis de mousse et de brindilles, je veux qu’il soit en harmonie avec les nuances des feuilles tombées au sol, avec les couleurs de la terre que je foule.

Rien que d’y penser, je n’ai qu’une hâte : le terminer rapidement pour pouvoir l’emmener en vadrouille avec moi, profiter des richesses de l’Automne que j’aime tant !

 
Petit Lenormand perso - Totems animaux
 
Le commencement, c’est peut-être ce qui a été le plus difficile finalement. Je veux dire, c’est très grisant de se lancer dans un nouveau projet, l’excitation du début a vraiment une saveur toute particulière, et j’apprécie beaucoup ce moment. Mais il y a aussi l’aspect presque effrayant de la chose, lorsqu’on s’installe à sa table avec une idée en tête et qu’il faut lui donner forme, lui donner vie, en sachant d’expérience qu’il y a toujours un fossé (plus ou moins large, ça dépend des circonstances) entre ce que l’on imagine en premier lieu et ce qui finit par sortir.

Il y a quelque part également, une certaine crainte d’être déçue du résultat, qui rend le premier tracé lourd d’attentes et de promesses. Après tout, il a une telle importance : il représente la première pierre du reste du projet.

Pour surmonter cette petite appréhension de départ, c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers les représentations animales, un terrain que je connais bien et avec lequel j’ai beaucoup d’affinités. Ca tombe bien, le Lenormand y est propice, avec de nombreux « totems » présents : un ours, un renard, un chien, un serpent, des oiseaux, des souris, des poissons… et j’en oublierai presque la cigogne en cours de route.

Mais ce n’est pas tout, un certain nombre de totems végétaux y sont représentés également, à commencer par l’arbre, qui se retrouve donc parmi les premières pièces réalisées pour mon jeu. En même temps, ce n’est aps très étonnant. Avec tous les Arbres de Vie et autres Yggdrasils déjà gravés pour la boutique, c’était tout simplement impossible qu’il n’y figure pas.

Parmi les végétaux sur lesquels j’ai déjà travaillé se trouve aussi le trèfle. Bien que discret, il est souvent présent dans mes coins favoris (et je ne parlerai pas du jardin, où il pousse à peu près partout). Sans oublier le lys, qui n’est pas qu’une jolie fleur parfumée ornant bouquets et massifs : à l’état sauvage, il apprécie grandement les milieux forestiers. Et puisqu’on parle de bouquet, celle-ci aussi est faite. Mais si, c’est la petite qui se cache là-derrière, au fond à droite sur la photo 😛

 
Petit Lenormand perso - Totems végétaux
 
Bref, je vous laisse apprécier les images (et pourquoi pas, me dire ce que vous en pensez) pour retourner travailler à la suite de mon Gros Projet. Mais vous l’aurez compris à la lecture de ces quelques mots, ce Petit Lenormand sera nature ou ne sera pas ! 🙂
 

Un Petit Lenormand en projet

Il y a de ça quelques années, il m’a pris l’envie de me confectionner un jeu d’oghams en bois (attends, mais t’as pas parlé de Lenormand juste avant ?), mon tout premier set illustré en réalité. Bon nombre d’entre vous ont probablement déjà eu l’occasion de le voir en photo ; c’est mon ogham fétiche, fabriqué de A à Z par mes petites mains. En revanche, dont j’ai très peu parlé à son sujet, c’est du processus de création lui-même, et du pourquoi ceux que je propose dans la boutique sont si différents aujourd’hui.
 

Tirage divinatoire d'oghams
 
A l’époque, j’étais étudiante en lettres modernes, et donc par définition, totalement fauchée. Léger détail qui ne m’empêchait pas de baver d’envie devant le travail de Sarah Anne Lawless, qui venait tout juste de terminer un sublimissime set d’oghams en bois, avec sur chacun des bâtons, une illustration représentant les arbres associés aux différents caractères. Toutes les pièces découpées puis polies à la main une à une, les motifs soigneusement pyrogravés et peints ensuite… Le genre de réalisation qui m’a fait rêver un bon moment, surtout en sachant que je n’avais pas du tout le luxe de m’en payer ne serait-ce que le quart 😛

Qu’à cela ne tienne, j’ai fini par me dire que j’avais dix doigts moi aussi, et un chouette pyrograveur qui avait déjà fait ses preuves à plusieurs reprises. Le projet était lancé ! J’avais bien prévu que ça me prendrait du temps cette histoire, mais j’avais laaaargement sous-estimé l’impact de mon emploi du temps totalement chaotique d’étudiante. Créer ce set, ça a été l’affaire non pas de jours ni de semaines comme je le pensais au départ, mais bien de mois entiers. Accessoirement, je ne comptais plus ni les ampoules, ni les coupures et autres écorchures dues à ma méconnaissance du travail du bois et au manque cruel d’outils et d’équipement auquel j’ai du faire face.

Passé la fièvre et l’excitation du début de projet, il y a eu quelques périodes de découragement quasi total, pendant lesquelles je ne voulais plus toucher un bout de bois, désespérée de ne jamais en voir la fin, me demandant pourquoi j’avais eu une idée pareille. Mais j’ai tenu bon. Pièce après pièce, je me suis accrochée à l’idée d’un set d’oghams complet, visualisant le résultat avant chaque nouveau coup de couteau, entassant la sciure de bois d’un côté, les morceaux de papier de verre usés de l’autre, avant de me barbouiller d’aquarelle en essayant de ne pas me brûler un doigt sur le pyrograveur encore chaud posé tout près (l’autre inconvénient du studio étudiant : le manque de place).

Pour quelqu’un qui adore commencer mille et un projets, mais qui a souvent du mal à aller jusqu’au bout, autant vous dire que pour celui-ci, ce n’était vraiment pas gagné d’avance. Ajoutez une bonne grosse dose de perfectionnisme, et vous aurez vraiment le tableau dans son ensemble. Au cours de ce processus de création, j’ai été chercher les limites de ma persévérance et j’ai appris à les dépasser malgré la fatigue, la lassitude, l’auto-critique et les mains douloureuses.

En guise de motivation supplémentaire, je me suis souvent répété que ce qui compte vraiment, c’est le chemin, pas la destination. Et bien, devinez quoi ? Une fois mon set 100% fait-main terminé, sentant encore bon la cire d’abeille, je me suis presque jurée de ne jamais en refaire de similaire. J’étais vraiment fière du résultat, mais le chemin en question a été tellement long et difficile que je me voyais mal remettre les pieds (ou les mains) là-dedans.
 

Petit Lenormand Lune de Sève
 
Presque.

Il y a quelques semaines, une nouvelle lubie du même genre s’est emparée de moi sans que je ne m’y attende tellement. Un nouveau projet de la même ampleur qui s’avère évidemment tout autant chronophage que l’a été mon jeu d’oghams à l’époque (la différence, c’est que je suis bien mieux équipée maintenant, ouf !). Encouragée par quelques personnes à qui j’avais vaguement évoqué l’idée, me voilà aujourd’hui lancée dans la réalisation d’un Petit Lenormand sur tranches de bois.

Le Lenormand, j’ai commencé à m’y intéresser sérieusement en début d’année. C’est une méthode de divination dont la base s’apprend relativement vite je trouve, mais qui ne cesse de s’enrichir par la suite. Chaque symbole se teinte peu à peu d’expériences personnelles, on y découvre de nouvelles significations au fur et à mesure de l’utilisation, on étoffe son vocabulaire… Et puis arrive le jour où on aimerait bien avoir un jeu à soi, qui nous corresponde vraiment. C’est exactement comme ça que je me suis retrouvée à griffonner quelques idées par-ci par-là, sur des feuilles volantes d’abord, puis dans un carnet de dessin, pour finalement me retrouver à les graver dans le bois, mon matériau de prédilection, mon compagnon quotidien.

A l’heure où j’écris cet article, mon projet a déjà bien avancé, puisque j’ai terminé les 12 pièces que vous pouvez apercevoir juste au-dessus (oui, je sais, la photo n’en laisse deviner que 11, mais on ne va pas chipoter), soit un tiers des 36 symboles traditionnels du Petit Lenormand. Je n’ai pas encore couché toutes les illustrations sur le papier, mais j’ai une idée plutôt précise de celles encore manquantes. Et bien que ce set soit un projet complètement personnel, j’aimerais en partager l’avancée avec vous 🙂

Il me reste encore bon nombre d’heures à passer dessus avant de voir ce jeu complètement terminé, je ne me fais pas d’illusion là-dessus. Entre la préparation des morceaux de bois, la reproduction du dessin, la pyrogravure, la teinture au brou de noix et la touche d’acrylique qui va avec (et encore, j’aurais pu rajouter des dorures pour corser encore un peu les choses), j’ai de quoi m’occuper encore un bon bout de temps, mais c’est beaucoup plus sereinement que je travaille dessus. Moins de sueur et de pression, et surtout, aucune ampoule à déclarer jusque là 😛